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LNA

Interview Louis Forel

Salut Louis ! 

Comment vas-tu ?

Eh bien pas trop mal compte tenu des circonstances. Et toi ça roule ?

Ça roule pas trop mal aussi merci. 

C’est devenu officiel. Le duo Fede-Louis laisse sa place à la tête de l’équipe dès la fin de saison. Qu’est-ce qui te pousse à arrêter maintenant ?

Eh bien c’est un ensemble de facteurs. Premièrement j’avais commencé cette aventure avec mon ami Fede. Ça fait sens pour moi qu’on la finisse ensemble. Ensuite il est vrai que mon métier (enseignant) dans lequel je suis assez jeune m’occupe encore passablement, et que je n’ai pas suffisamment d’énergie et de disponibilité d’esprit pour gérer une équipe de LNA et lui apporter ce qu’elle est en droit d’attendre et qui est nécessaire pour la faire progresser. C’est une lourde charge et je n’aime pas faire les choses à moitié.

Enfin, j’ai simplement envie de consacrer mon temps libre à faire moi-même davantage de sport. 

Il y a 2 ans tu mettais un terme à ta carrière de joueur et tu commençais directement avec un nouveau défi au sein du duo d’entraîneur Louis Forel - Fédé. T’avais peur que le Rink-Hockey te manque ?

Sans doute un peu ;-). La LNA est un formidable générateur d’émotions et il est difficile de s’en détacher. Et puis la perspective de reformer un duo avec Fede - après notre très belle aventure commune à la tête de l’équipe nationale U17- était forcément alléchante.

Et tous ces joueurs magnifiques et avec lesquels j’avais déjà partagé de belles histoires prêts à s’engager à fond. Comment ne pas être séduit ?

Une première saison incroyable avec une quinzaine de victoires d’affilée, du jeu, bcp d’envie sur le terrain. C’était la patte du duo ?

C’était surtout la force de caractère, la solidarité et le talent de cette équipe ainsi que la complémentarité de ses membres qui a fait la différence. L’euphorie a fait le reste. 

Nous, en tant qu’entraîneurs, on a voulu d’abord rassembler tout le monde autour de ce projet, de créer de l’enthousiasme, d’installer une confiance à ce groupe exceptionnel qui n’avait besoin que d’une direction. 

Après, au niveau tactique et technique, on a eu à cœur de repartir des bases du rink comme on nous l’a appris plus jeunes, qui a formé le socle de nos succès et nous a permis de tant vibrer par le passé. 

Notre patte, comme tu dis, c’est probablement d’avoir cherché à apporter à cette discipline et ce bloc qui était en train de se recréer une souplesse et une faculté d’adaptabilité pour ne pas tomber dans un jeu stéréotypé et stérile, préserver de la surprise dans un système solide, et de trouver des solutions dans les moments compliqués. 

Ce souhait de malléabilité nous a aussi valu quelques incompréhensions et a pu passer pour un pur manque d’organisation (ce qui sans se mentir a parfois aussi été le cas) et nous faire passer pour des guignols. 

Rigueur mais souplesse, confiance et écoute, solidarité et détermination, engagement total, voilà ce qui a fait notre force en tant que groupe. 

Et la réelle force de notre duo, en fait, c’est justement d’avoir été deux, et de s’écouter, discuter, comparer et croiser nos visions et nos idées, qui ont aussi souvent divergé mais qui grâce à une confiance mutuelle inébranlable nous a permis d’obtenir les succès que l’on sait. On était deux joueurs très différents mais très complémentaires et dont l’union faisait la force. On a essayé de reproduire ça.

 

Tu as eu une carrière incroyable pendant de longues années et donc énormément d’expérience. C’est difficile de se retrouver derrière la barrière sans les patins ?

Très ! Vraiment ! Les poumons et les muscles travaillent moins, mais on lâche autant d’énergie derrière la balustrade. L’influx nerveux que ça requiert est phénoménal. Pour motiver, calmer (y compris soi-même), prendre les bonnes décisions, maintenir un cap, en changer. Heureusement qu’on était deux ! 

Selon toi, qu’est-ce que tu penses avoir apporté à l’équipe et qu’est-ce que tu aurais bien voulu amener que tu n’a pas réussi à faire ?

Outre ce que j’ai évoqué plus haut, j’ai essayé de mobiliser mes qualités sociales pour fédérer le groupe et amener du liant à ces éléments exceptionnels. J’ai aussi voulu mettre à profit mon expérience de joueur et de ce qui avait fait mes particularités et qualités : combativité, dévouement, mais aussi lecture du jeu (nourrie par mon expérience de joueur de pointe, devant le but), timing et coordination, surtout pour les mouvements des joueurs sans balle (qui dans une action libèrent un espace, bougent juste et dans le bon tempo, gênent le gardien, ... tout le travail ingrat et peu spectaculaire mais indispensable). Et un esprit "raccro" mais malin. 

Ce que j’ai pas réussi à apporter ? Un titre :-) et tellement de choses... encore plus de cohésion dans le jeu, une croyance dans notre vision à quelques moments, un esprit plus "tueur" en début de deuxième saison, une tactique plus fine, ... 

On a pu vivre que des bribes d’aventures, il manquait encore plein de choses, mais ce fut merveilleux.

La situation sanitaire a un impact néfaste sur notre sport amateur. Penses-tu que cela peut remettre en question l’avenir de notre sport ?

Franchement je ne sais pas. Remettre en question l’existence de ce sport en Suisse peut-être pas, mais elle lui porte un sacré coup... Paradoxalement, ça va peut-être servir de coup de fouet et motiver tous les passionnés à se battre pour faire vivre ce sport magnifique mais qui depuis quelques années est plutôt sur le déclin dans notre pays. J’espère que cette situation pénible va pousser les différents acteurs à tous les échelons à vraiment unir leurs efforts pour promouvoir ce sport, le mettre en valeur, lui offrir le rayonnement qu’il mérite. J’ai parfois eu l’impression que les instances nationales (et les clubs qui se doivent de les alimenter) se perdaient parfois dans des considérations de moindre importance et que les clubs mettaient plus d’énergie dans les petites querelles que dans la promotion de ce sport. Et on a tous une part de responsabilité. Je ne donne peut-être pas le bon signal en me retirant maintenant, mais j’en ai besoin et mon histoire avec ce sport n’est pas terminée. 

Te vois-tu d’ici quelques années remettre les patins ou revenir d’une manière ou d’une autre à Genève RHC ?

Bien sûr ! Je suis trop attaché à ce club et ce sport pour disparaître définitivement ! Là j’ai besoin d’un break mais je reviendrai c’est sûr. Et d’abord comme joueur je pense. 

Merci Louis … on espère pouvoir comme pour Jérôme et Fede, assister à un "match d’adieu" d’ici fin juin …

Moi aussi je l’espère de tout coeur ! On s’y voit autour d’une canette ?