Projekt2020 ? Que cela signifie-t-il ?

Le but du Projekt2020 de la Fédération suisse de Rink-Hockey est assez simple :

Amener l’équipe Suisse féminine de Rink-Hockey dans les 4 premières nations européennes à l’horizon 2020 !

Sportivement parlant il s’agit d’un projet ambitieux. Notre équipe nationale féminine a clairement progressé ces dernières années pour se retrouver actuellement aux env de la 7-8 place mondiale. Mais comment faire pour passer un cap supplémentaire ?

La Fédération a décidé de créer une équipe nationale M17 et de l’incorporer au Championnat Suisse féminin. Cette équipe se compose de jeunes joueuses de tous horizons, en fonction de l’adversaire. Pourquoi en fonction de l’adversaire ? Pour la simple et bonne raison que le nombre de joueuses suisses pratiquant le Rink Hockey est limité et qu’il n’est pas rare de voir jouer ces jeunes filles dans les équipes participant déjà au championnat suisse dans leur club. Pour les clubs n’ayant pas d’équipe féminine, les joueuses s’entraînent et jouent avec les garçons, ceci jusqu’à la catégorie M17 en club, et sont sélectionnées avec cette équipe en fonction des besoins. Cela permet à des joueuses comme Julie Becker de se frotter à des joueuses féminines et de créer des liens avec les autres joueuses. Vous suivez ?

Le but ultime, est d’inculquer à ces joueuses, un esprit de gagnante et une même philosophie de jeu que pour l’équipe suisse sénior. Ceci afin de permettre une intégration plus efficace et que les joueuses se sentent rapidement à l’aise lorsqu’elle intégreront l’équipe suisse A.

Après env 18 mois, peut on tirer un 1er bilan ? Qui de mieux que Simon von Allmen pour vous en parler !

Simon, que peux tu dire de l’expérience après ces 18 mois ?

En théorie, le projet a déjà commencé en 2012 avec des équipes M15 qui ont joué un tournoi féminin à Diessbach. La première fois qu’une sélection suisse M17 a joué au niveau international était en 2014 à Wuppertal où des filles comme Nadele Moor, qui est maintenant dans la sélection suisse sénior et qui joue en Espagne, ont fait leurs premiers pas. Le bilan avec les jeunes est super positif : médaille de bronze en 2016 à Breganze et la moitié des joueuses de la sélection seniors ont eu des expériences avec l’équipe M17. Alors on peut dire que le système fonctionne. Bien sûr, on est jamais satisfait à 100% et il y a toujours des choses à améliorer.

L’équipe a participé au Championnat Européen M17 en décembre. As-tu déjà vu une amélioration par rapport aux autres équipes et aux autres années ?

C’est difficile à dire, parce que en décembre nous avons joué avec la plus jeune équipe du tournoi. Nous n’avons pas pris des joueuses qui ont eu 17 ou plus (le règlement nous permettait de prendre 3 joueuses plus âgées). L’équipe M17 de 2017 n’était pas comparable avec l’équipe de 2016. Pour nous, le résultat sportif n’est pas la priorité N°1, mais c’est bien le développement de chacune qui importe. Et là-bas, on a vu des grandes améliorations. Surtout nous avons su créer un esprit de gagnant et aussi un esprit de famille. Toutes les filles aiment jouer pour l’équipe. Le plus important est de préparer les filles pour l’équipe sénior.

4 équipes en Suisse allemande, 1 seule en Suisse romande, Montreux. Ce qui signifie qu’une fille comme Julie Becker, seule joueuse à pratiquer le Rink à Genève, s’entraîne 3 x par semaine avec des garçons. Est-ce un problème ou un avantage ?

A mon avis, c’est un avantage. Le rythme avec les garçons est plus fort, le contact physique aussi. Moi j’aime bien que les filles s’entraînent le plus longtemps possible avec les garçons. Mais souvent, les filles ne reçoivent pas suffisamment de minutes de jeu dans les matchs, c’est pour ça que les matches avec une équipe féminine ou avec la M17 du projet est super important.

Plus généralement, que pourrait-on encore améliorer dans le cadre du projet ?

Pour l’instant, un objectif que nous n’avons pas atteint est de créer une nouvelle équipe pour le championnat suisse. C’est un de nos objectifs de donner aussi une perspective aux filles qui n’ont pas une équipe dans leur club. J’espère qu’à Gipf-Oberfrick on peut réaliser cet objectif dans les prochaines 2-3 ans, peut-être dans l’Oberland bernois, avec des filles de Thoune, Münsingen et Wimmis, on pourra créer une deuxième équipe en plus d’Uttigen. Tous ça serait super important pour le niveau de notre championnat.

Sportivement nous sommes déjà à la limite concernant l’argent et le temps à disposition. On doit pas oublier que les filles sont déjà engagées dans leurs clubs (souvent dans 2 équipes comme L’équipe féminine et les M17 garçons) et en plus elles sont dans un âge critique dans leurs développements personnels et de formations.

Est-ce qu’il y a déjà un projet similaire pour l’après 2020 ?

Pas encore, mais nous sommes maintenant en train d’analyser le potentiel et je peux bien m’imaginer de continuer le même travail, mais forcément ce sera sous un autre nom, comme par exemple Swiss Future Ladies ou quelque chose de semblable.

Nous avons demandé à Julie Becker si elle avait une question pour toi : Quelles sont tes attentes pour ce match ?

Je connais Montreux comme une équipe solide, une équipe qui a dans son contingent Romane Eynard, notre capitaine de la sélection U17. J’attend de mon équipe qu’elle joue notre système, que les filles essaient de dominer Montreux avec un comportement tactique et intelligent. Si nous allons gagner ou pas, on verra. Nous avons quelques fois des problèmes pour marquer des buts. Si les filles arrivent à corriger ça, je suis positif de pouvoir gagner au moins des points.

Merci beaucoup Simon ! Et plein succès au Projekt2020 !